12/06/2014

Sur un air de samba: le Brésil et le tant redouté 24e sélectionné

042015_NAL51_8f5fb61.jpg

Dans le langage du football, le 12e homme représente le public, lorsque celui-ci manifeste un soutien tel qu’il donne des forces supplémentaires à son équipe. C’est une image qui correspond parfois à une ferveur admirable.

Avec 32 équipes (23 sélectionnés par pays) présentes au Mondial, 736 joueurs sont théoriquement concernés par le tournoi qui débute. En vérité, une bonne centaine d’entre eux ne seront pas du tout alignés. Pas même une minute. Et ça, ce n’est pas une image mais une réalité du terrain.


En fait, tout ce qui s’en vient, ces prochaines semaines, va constamment balancer entre le concret et l’image, ce qui se mesure très précisément et ce qui échappe aux statistiques. Pour ce qui est des images, la FIFA les verrait plutôt comme des clichés, ceux d’un football joyeux dans un pays de samba. Tout le monde ainsi serait heureux. Mais la vérité des Brésiliens, en 2014, risque d’être moins agréable à découvrir. Et c’est peut-être bien le 24e homme, celui de la rue – que les dirigeants de la fédération mondiale redoutent et méprisent – qui va tenir la vedette.


Lorsque les infrastructures imposées paraissent démesurées, lorsqu’une manifestation sportive coûte aussi cher alors que d’autres priorités sautent aux yeux, qu’elle nécessite de surcroît un déploiement militaire et policier d’une telle ampleur, le malaise n’est plus très loin. En Afrique du Sud (2010), on l’avait déjà ressenti avec une acuité particulière. Ici c’est plus grave encore. C’est une épreuve sportive qui commence. Reste à savoir si les enceintes des stades suffiront à la contenir.


Par François Ruffieux / 24 heures

Les commentaires sont fermés.