13/06/2014

Vive le stade et vive la télé, vive le football!

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Marcelo marque contre son camp… Le scénario d’un match n’est jamais écrit d’avance. AP

Il n’y a rien de mieux que de voir un match dans un stade. C’est autre chose. C’est charnel. Il n’y a rien de mieux que de voir un match à la télévision. C’est complet. On voit, on revoit. On découvre. Hier, après une cérémonie d’ouverture qui n’a pas fait oublier les cortèges de fin d’année dans les écoles, après les tortillements de croupe de Jennifer Lopez dans son costume de sumo pailleté, et les chants en play-back, qui ramenaient le Brésil à ce qu’il n’est pas, les hymnes nationaux sont venus offrir les premiers gros plans de vie vraie de ce Mondial. Les yeux de Marcelo, immenses, qui ramenaient à ces mots subtils et sincères de Léonard Thurre avant le match: le football fait retourner à l’enfance. C’était cela, les yeux de Marcelo pendant l’hymne. L’enfance. Le bonheur. Les yeux de Débonnaire, de Lorenzi, de Thurre, du journaliste Olivier Dominik aussi, sur un plateau de télévision vivant et de bon sens, avaient cette lumière qui rend le football incomparable. Oubliés les scandales et les rumeurs, les soucis réels: ils existent mais le football s’installait. Le jeu. Avec tout ce qu’on sait de ce qui le fait, de ce qui bâtit un Mondial, et tout ce qu’on ne sait pas du match à venir. Un match n’est jamais écrit à l’avance, on ne sait rien de ce qui va arriver, c’est la grandeur du football. Ce n’est pas du play-back, on ne peut pas faire semblant de faire les mouvements, c’est du vrai, du solide.

 
Revenons-en aux yeux de Marcelo, qu’on retrouve après onze minutes de match, parce que la télé fait des miracles, parce qu’elle montre et remontre tout en mieux, en gros plan, dans son salon, dans sa maison, devant soi, rien que pour soi pourrait-on penser, on retrouve les yeux de Marcelo effarés, grands de stupeur, enfance un peu cassée alors, quand il vient de marquer contre son camp. Mais rien n’est écrit, le match dans le stade jaune dont on nous confie les regards et les visages, est à faire. La Coupe du monde est à faire. Elle est bien partie sur le terrain, un vrai duel, des vraies actions, même si les joueurs ont des vies de stars ils savent travailler comme des artisans inspirés et valeureux. Croates et Brésiliens. Le Mondial a bien commencé aussi sur le joli plateau de la RTS, avec de la belle humeur mais pas de chichis ou de surjeu comme on dit au théâtre. On se réjouit. C’est parti. Vive le stade et vive la télé. Vive le football!
 
Philippe Dubath / 24 heures
 
 

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