14/06/2014

Pour le pire et le meilleur

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L'arbitre M. Nishimura s’est laissé abuser par Fred.  REUTERS

La vidéo est la meilleure amie du téléspectateur. Elle nous avait permis de voir, jeudi, que le Brésil avait eu droit à un penalty injustifié. Elle nous a prouvé hier que le Mexique - qui heureusement s’en est sorti au bout du compte - avait été injustement privé de deux buts valables. Elle fait de nous, dans ces instants-là, les témoins d’injustices que personne ne veut voir. Nous sommes inutiles. Le téléspectateur qui a vu formellement qu’un but n’est pas valable, ou valable mais annulé, qui sait que l’arbitre s’est trompé, se retrouve un peu comme le témoin d’un accident qui aurait filmé la scène, mais qui se trouve en face de juges et de policiers qui ne veulent pas de son film.


On pourrait penser qu’elle ne sert qu’à dénoncer les arbitres et leurs erreurs, à mettre en évidence les instants négatifs d’un match. Mais la vidéo - donc les images qu’on peut voir et revoir - est aussi la meilleure amie du téléspectateur parce qu’elle lui permet de voir et revoir aussi les belles choses. Elle permet aussi d’innocenter l’arbitre, de lui donner raison. C’est arrivé hier. Il faut donc l’utiliser pour le pire et le meilleur pour que les matches ne soient pas faussés. Hier soir, la vidéo nous a permis de savourer encore et encore ce déchaînement néerlandais qu’on regarde sans rien y comprendre en fait. Mais en l’admirant. L’Espagne semblait sereine ou presque. Puis Van Persie créa cette merveille de la tête et là la vidéo, le ralenti, nous font cadeau de tous les détails, la course, chaque geste synchronisé, et cette jonction parfaite avec le ballon. Puis le match qui change. Puis l’imprévu, l’imprévisible descendu sur le Mondial. Et nous, témoins comblés.

Philippe Dubath / 24 heures

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