16/06/2014

Le droit d’espérer un peu mieux

Ruffieux_Francois-124 - 125.0.9751357.jpg
Une victoire à l’arraché, c’est souvent très beau et rempli d’émotion. Celle d’hier, qui plus est sur un mouvement de rupture magnifique, a permis à l’équipe de Suisse de battre l’Equateur et de lancer ainsi de façon positive son opération Brésil 2014. Voilà des mois qu’on évoquait cette Coupe du monde et le potentiel des joueurs sélectionnés par Ottmar Hitzfeld. Ils ont maintenant dix jours devant eux pour éclaircir les zones d’ombre qui subsistent.
 
Et envisager ainsi de s’extraire de leur groupe pour atteindre la meilleure phase du tournoi, celle des matches à élimination directe. Une victoire à l’arraché souligne aussi, par définition, les difficultés rencontrées pour se défaire d’un adversaire sans doute pas très coté, mais sûrement peu agréable à affronter. Malgré une possession de balle supérieure, Shaqiri et les Suisses ont eu de la peine à exercer un véritable ascendant, à imposer leur patte et leurs envies, notamment celle de proposer un football plus séduisant que dans un passé relativement récent.
 
Trop de déchet technique, trop d’idées trop vite avortées. Et une souplesse tactique qui ressemblait encore trop à de simples balbutiements. Une victoire à l’arraché dit enfin, et peut-être surtout, les ressources qui sont à disposition. Sur le plan physique, avec une équipe encore capable d’une réelle débauche d’énergie dans les dernières minutes, et sur le plan mental, à l’image de la rage montrée par Behrami sur l’action du 2-1.
 
En 2010, pour son premier match, la Suisse avait battu l’Espagne, future championne du monde.
Elle n’avait pas su enchaîner. Quatre ans plus tard, plus mûre, plus complète, elle n’a encore rien concrétisé, sinon le droit d’espérer un peu plus, un peu mieux. Et nous avec elle.
 
François Ruffieux / 24heures

Les commentaires sont fermés.