17/06/2014

Ma télé et moi: J’aurais bien parlé à Angela Merkel

DUBATH_PHILIPPE-018.jpgÊtre téléspectateur, c’est bien, car on a accès à plein de détails qui seraient invisibles ou imperceptibles dans le stade. Mais c’est aussi frustrant, car on est tout près des joueurs, de l’action, à deux mètres, trois mètres, on peut leur compter les cils, mais on a aucune influence sur quoi que ce soit. Pourtant on aurait bien envie de temps en temps de dire quelque chose à l’un ou l’autre de ces gens dans le poste.

 
Hier soir, par exemple, j’aurais bien aimé pouvoir m’adresser en vitesse à l’arbitre pour lui dire de ne pas sortir le carton à l’encontre de Pepe. Thomas Müller avait pris une main dans la figure – pas bien forte –, dans l’action, et il en avait forcément rajouté – puis ça avait chauffé, c’était monté, c’était un moment de tension extrême mais il aurait mieux valu que ça en reste là. Il aurait été bien que le match continue à onze contre onze, ce n’était pas si grave que ça. Ce n’était quand même pas le coup de boule de Zidane qui en est presque devenu un héros. Il faudrait d’ailleurs savoir, grâce à quelqu’un qui lit sur les lèvres, ce que Müller a dit et crié à Pepe pour peut-être comprendre toute l’histoire et le geste menaçant, de la tête, du Portugais. Peut-être.
 
J’aurais aimé, aussi, parler à Angela Merkel que j’ai vue dans la tribune applaudir debout le premier but des Allemands. Elle était là, dans un habit rose je crois, en belle lumière, ravie, reine comblée, et ça m’a gêné. J’ai pensé à l’Europe, aux soucis du peuple portugais, et je me suis dit qu’elle aurait pu avoir la pudeur de rester assise, un peu plus discrète, plus fine, moins triomphante, plus européenne. C’est ce que j’aurais aimé lui glisser en vitesse dans l’oreille. Mais j’ai gardé ça pour moi.
 
La veille, il s’était passé un truc assez comique. Benzema allait tirer son penalty quand mon voisin de canapé a posé sa fesse droite sur la télécommande qui traînait là. Mille lettres, signes, consignes, indications sont apparus à la place de l’image, sur tout l’écran. La scène de Benzema prêt à tirer était, elle, devenue minuscule, taille timbre poste en haut à gauche. Là, on a tous pu dire en direct ce qu’on pensait – en riant bien sûr – à l’auteur du méfait.
 
Philippe Dubath / 24 heures
 

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