22/06/2014

Ma télé et moi: Hitzfeld notait, les enfants jouaient

 

 
J’étais vendredi soir dans cette sorte de paradis qu’est le Jardin du Rivage à Vevey, où est installé le grand écran. Des milliers de personnes étaient rassemblées là – chapeau à la Ville qui permet ce rendez-vous depuis des années – et, dans leur sillage, des enfants de tous les âges. L’ambiance rouge s’est vite fanée, les battements de cœur en faveur de la Suisse se sont vite calmés, mais pas les parties de football organisées entre les troncs des arbres majestueux, avant et pendant le match Suisse-France, par toute cette jeunesse. Je me demandais si le football n’était pas le seul langage à créer ainsi, spontanément, tout un univers de jeu entre des gosses et des ados de toutes les couleurs qui ne se connaissaient pas forcément une heure avant de se retrouver là.
 
La poussière? Ils s’en moquent? Les limites au terrain? Il n’y en a pas. L’arbitre? Pourquoi donc? On se débrouille, on discute, et il n’y a pas le moindre incident. On voit même qu’un petit match commence avec un ballon, finit avec un autre, puis retrouve celui du début. Pourvu qu’il roule. C’est comme ça. Quand la nuit tombe, les enfants jouent encore. Il n’y a pas non plus de vrai début et de vraie fin
à ces petites parties spontanées. Pas de mi-temps non plus.

En fait, il y a en a plein, mais chacun choisit sa pause quand il le veut, le temps d’aller vers  papa-maman pour demander deux pièces et filer acheter un truc à partager avec deux ou trois potes d’un soir.
 
Pendant ce temps, sur l’écran géant, alors que les enfants qui avaient les yeux mi-clos le matin même, usés par le sommeil accumulé à force de voir des matches du Mondial à la télé, pendant ce temps on pouvait voir Hitzfeld, le sélectionneur suisse, prendre des petites notes sur son carnet alors que Benzema venait de marquer le quatrième but. Que notait-il alors que le naufrage était complet? Les enfants joueront encore, moins nombreux peut-être, jamais fatigués, au prochain match.

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