24/06/2014

Sur un air  de samba: En attendant l’avion

 

 
Puisque les équipes changent de ville à chaque match, leurs supporters n’arrêtent pas de se croiser dans les aéroports du pays. Samedi soir, à Salvador, on trouvait pêle-mêle: des Français (direction Rio) qui débattaient pour savoir quels adversaires seraient préférables afin de se hisser sans trop de souci jusqu’en demi-finale, des Portugais (direction Manaus) qui semblaient se demander si Cristiano Ronaldo parviendrait à les sortir de ce mauvais pas, des Américains (Manaus également) qui ne doutaient pas que Cristiano Ronaldo soit en train de préparer ses bagages pour rentrer en Europe, et aussi quelques Suisses (Manaus toujours, mais avec un peu d’avance) qui visiblement n’avaient pas encore digéré le camouflet de la veille.

En attendant de monter dans l’avion, tout ce petit monde – quelques Brésiliens aussi, et deux ou trois Japonais, forcément – s’était donné rendez-vous devant l’un des écrans géants fournis par un sponsor (de bière, elle est bonne au Brésil). Pour suivre un drôle d’Argentine - Iran, avec un favori à la peine devant un «petit» plutôt véhément. Durant la pause, cette question était posée, sous forme de sondage: «Verra-t-on émerger un vainqueur inédit dans cette Coupe du monde?» Chacun y allait de son pronostic. Les minutes passaient, l’Argentine souffrait, l’ambiance montait.
Et on sentait bien qu’un faux pas sud-américain n’aurait pas déplu à l’assistance. Les Iraniens galvaudèrent quelques précieuses occasions, l’arbitre oublia de leur accorder un penalty.

Puis on entra dans le temps additionnel et un petit homme surgit: crochet et frappe
du gauche, imparable, 1-0 pour l’Argentine. Messi venait de mettre tout le monde d’accord. D’un seul coup, ce public improvisé (plusieurs centaines de personnes) se leva. Et chacun reprit son chemin. Jusqu’à la prochaine fois.

François Ruffieux/24heures

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