10/07/2014

Sur un air de samba: Guy Roux et la Suisse

A 75 ans, il a toujours l’œil vif et c’est tant mieux. Guy Roux, personnage du football français, figure emblématique d’Auxerre, n’est plus sur un banc de touche, mais une Coupe du monde au Brésil, il n’allait pas rater ça. Alors hier, en faisant la queue pour rentrer dans un centre de presse bondé, celui qui est désormais consultant en a profité pour discuter un peu. Parce que parler et évoquer des souvenirs, il aime bien, Guy Roux.
 
«Vous êtes de Suisse?, a-t-il lancé. Bon, il y a eu ce match de Salvador entre nos deux pays… On était dans un jour où tout rigolait pour nous, je crois. On aurait mieux fait de garder un ou deux buts pour notre match contre l’Allemagne. En fait, on a été fort contre le Honduras et la Suisse, mais après c’est devenu plus compliqué.»
 
Guy Roux, c’est bien sûr des souvenirs qu’il s’empresse de partager, peut-être pour ne pas insister sur la douloureuse confrontation de Salvador. «Oui, la Suisse je connais bien, lance-t-il alors. Je connais notamment le Valais, où nous allions souvent en stage avec Auxerre. C’est d’ailleurs comme cela que j’ai engagé Stéphane Grichting. Nous étions à Anzère et le soir, je parlais avec des gens du coin. Je leur ai demandé s’il n’y avait pas un bon joueur suisse disponible à Sion, puisque le club avait des problèmes financiers. Ils m’ont dit: il y a Grichting, il habite deux vallées plus loin. J’ai demandé s’ils avaient son téléphone. Ils ont pris un bottin, cherché sous Grichting, composé le numéro et m’ont passé l’appareil. Je suis tombé sur le père, lui ai demandé si son fils cherchait un club. Il m’a confirmé que oui. Et il me l’a passé. Alors je lui ai dit que s’il était intéressé, il pouvait venir dès le lendemain à 8 h 30, avec des affaires et un pyjama. Que s’il le voulait et si le test se passait bien, alors on trouverait un arrangement…»
 
C’était en 2002, tout s’est bien déroulé et Stéphane Grichting est devenu un pilier d’Auxerre pendant dix ans! En marge d’un Mondial et à quelques heures d’une demi-finale, Guy Roux avait du foot plein la tête. C’est cela, la passion.

Daniel Visentini / 24 heures

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