25/06/2014

Lucien Favre: Un match qui remet bien les idées en place

Lucien_Favre.jpg«Dans ce Mondial où toutes les hiérarchies sont bousculées, je ne suis pas surpris par une équipe de Suisse qui devra jouer sa place en huitième de finale contre le Honduras, dans un match qui sera difficile.
 
Je l’avais souligné au début de la compétition: la France était un gros morceau, mais l’Equateur et le Honduras n’étaient pas à prendre à la légère, parce que ce sont deux adversaires très désagréables à jouer. On a pu s’en rendre compte lors de la victoire à la dernière seconde contre les Equatoriens. Une forme d’euphorie a-t-elle alors gagné le groupe suisse, avec les conséquences que l’on sait depuis la monumentale gifle reçue contre la France?
 
Aujourd’hui, cela s’efface devant l’importance du match contre le Honduras, qui remet bien les idées en place. Je pense que la Suisse va passer, va se qualifier pour les huitièmes de finale de ce Mondial. Je pense même qu’un nul lui suffira parce que je veux croire que la France, supérieure, battra l’Equateur.
 
Pour la Suisse, il y aura le paramètre de la chaleur à gérer. On a vu durant ce Mondial des équipes s’imposer en ne jouant finalement que trente minutes. Cela démontre qu’il faut fragmenter ses efforts et cela est d’autant plus vrai à Manaus, où il est impossible de maintenir un rythme élevé durant 90 minutes. Mais les Suisses le savent et ils doivent justement choisir les bons moments pour augmenter le tempo, par séquences.
 
Mais je crois surtout que les internationaux et Ottmar Hitzfeld sauront utiliser le 5-2 encaissé contre la France pour rebondir. Et pour oublier cette claque. De toute manière, ils n’ont plus le choix.»

24/06/2014

Ma télé et moi: Le Brésil de Neymar est fait pour attaquer

 

Le match de 22h a quelque chose d’épatant quand il y a dehors un orage qui aligne des éclairs et des roulements de tonnerre, comme hier soir. On se sent alors privilégié de n’avoir rien d’autre à faire que regarder Neymar. Les grands attaquants sont les vrais amis du téléspectateur, qui attend avec impatience que le ballon leur parvienne.
 
Hier, quelques accélérations du Brésil, élans collectifs, ruptures à une touche de balle, face à une défense camerounaise transparente, m’ont fait penser au jeu de la France. Les deux équipes attaquent bien mieux qu’elles ne défendent. Il me semble qu’elles sont faites pour l’offensive, que leur vrai terrain d’expression, et donc leur potentiel, est là. On le constate bien à la télévision en revoyant les scènes qui concernent les défenses de ces deux équipes: elles sont assez facilement malmenées, déséquilibrées, quand l’adversaire ose franchement, mais on a l’impression que les attaquants marqueront toujours plus de buts qu’elles n’en encaisseront. Et que si le Brésil et la France vont loin, ce sera grâce à leur efficacité, à leurs moments de football qu’on peut dire «champagne».
 
On n’a encore pas vu dans ce Mondial, c’est du moins mon impression, de milieu créatif exceptionnel, genre Zidane du temps de sa forme. Mais les attaquants parlent: Benzema, Neymar, Robben et d’autres. On se réjouit de les voir en 8es de finale. Je me réjouis aussi d’entendre encore Jean-François Develey qui commente sur la RTS. Fort de son expérience, de son amour du foot, il ne crie pas pour rien, il n’en rajoute pas. Il ne commentait pas le match du Brésil hier mais il mériterait bien, dans les jours à venir, de suivre en direct une envolée de Neymar et Cie. À part ça, j’ai trouvé l’arbitre très bon hier lors de Brésil-Cameroun. Il a bien fait de ne pas sortir Nyom pour sa poussette bête des deux mains sur Neymar. Le match est resté intact, le Brésil a ainsi gagné sans ombre.

Sur un air  de samba: En attendant l’avion

 

 
Puisque les équipes changent de ville à chaque match, leurs supporters n’arrêtent pas de se croiser dans les aéroports du pays. Samedi soir, à Salvador, on trouvait pêle-mêle: des Français (direction Rio) qui débattaient pour savoir quels adversaires seraient préférables afin de se hisser sans trop de souci jusqu’en demi-finale, des Portugais (direction Manaus) qui semblaient se demander si Cristiano Ronaldo parviendrait à les sortir de ce mauvais pas, des Américains (Manaus également) qui ne doutaient pas que Cristiano Ronaldo soit en train de préparer ses bagages pour rentrer en Europe, et aussi quelques Suisses (Manaus toujours, mais avec un peu d’avance) qui visiblement n’avaient pas encore digéré le camouflet de la veille.

En attendant de monter dans l’avion, tout ce petit monde – quelques Brésiliens aussi, et deux ou trois Japonais, forcément – s’était donné rendez-vous devant l’un des écrans géants fournis par un sponsor (de bière, elle est bonne au Brésil). Pour suivre un drôle d’Argentine - Iran, avec un favori à la peine devant un «petit» plutôt véhément. Durant la pause, cette question était posée, sous forme de sondage: «Verra-t-on émerger un vainqueur inédit dans cette Coupe du monde?» Chacun y allait de son pronostic. Les minutes passaient, l’Argentine souffrait, l’ambiance montait.
Et on sentait bien qu’un faux pas sud-américain n’aurait pas déplu à l’assistance. Les Iraniens galvaudèrent quelques précieuses occasions, l’arbitre oublia de leur accorder un penalty.

Puis on entra dans le temps additionnel et un petit homme surgit: crochet et frappe
du gauche, imparable, 1-0 pour l’Argentine. Messi venait de mettre tout le monde d’accord. D’un seul coup, ce public improvisé (plusieurs centaines de personnes) se leva. Et chacun reprit son chemin. Jusqu’à la prochaine fois.

François Ruffieux/24heures