17/06/2014

Sur un air de samba: Le chaud et le froid, une notion toute relative

C’est l’hiver au Brésil, même si la notion est toute relative pour un Européen. Dans ce climat tropical, sur les 8 500 000 km2 couverts par quatre fuseaux horaires, les écarts de température peuvent être importants. Grosso modo entre18 et 30 degrés, parfois avec un taux d’humidité très élevé, comme à Manaus, au milieu de la forêt amazonienne, où Anglais et Italiens ont sué. Il fait donc plutôt chaud et lourd sur les stades de la Coupe du monde.

 
A Salvador de Bahia, chaque journée connaît son moment de pluie. Cela ne dure pas très longtemps, mais c’est intense. Mieux vaut alors ne pas être à découvert lorsque le ciel ouvre ses vannes. Mais si vous trouvez refuge dans un centre de presse par exemple, situé dans les entrailles du stade, comme dans un bunker sans fenêtres, vous risquez le coup de froid instantané avec une climatisation poussée au maximum. Allez comprendre pourquoi.
 
Entre le chaud et le froid, on balance donc constamment. Une admiratrice brésilienne de Cristiano Ronaldo a vécu les mêmes «tourments» voilà quelques jours, lors d’un entraînement public de la sélection portugaise. Naiara Castro Santos a d’abord déchiré son jeans en voulant sauter les grillages du stade pour aller à la rencontre de son idole. Elle a ensuite résisté au service d’ordre. Puis, intrigué par le tatouage que la jeune femme portait sur son bras, Cristiano Ronaldo en personne lui a proposé de venir s’asseoir sur le banc portugais.
 
La température est montée tout naturellement pour la jeune femme. Arrivée en larmes, elle a pu repartir avec un maillot dédicacé et des souvenirs inoubliables. Après, qu’il pleuve ou qu’il fasse beau n’avait plus grande importance. Pour elle, ce Mondial est d’ores et déjà une réussite.

François Ruffieux / 24 heures

Ma télé et moi: J’aurais bien parlé à Angela Merkel

DUBATH_PHILIPPE-018.jpgÊtre téléspectateur, c’est bien, car on a accès à plein de détails qui seraient invisibles ou imperceptibles dans le stade. Mais c’est aussi frustrant, car on est tout près des joueurs, de l’action, à deux mètres, trois mètres, on peut leur compter les cils, mais on a aucune influence sur quoi que ce soit. Pourtant on aurait bien envie de temps en temps de dire quelque chose à l’un ou l’autre de ces gens dans le poste.

 
Hier soir, par exemple, j’aurais bien aimé pouvoir m’adresser en vitesse à l’arbitre pour lui dire de ne pas sortir le carton à l’encontre de Pepe. Thomas Müller avait pris une main dans la figure – pas bien forte –, dans l’action, et il en avait forcément rajouté – puis ça avait chauffé, c’était monté, c’était un moment de tension extrême mais il aurait mieux valu que ça en reste là. Il aurait été bien que le match continue à onze contre onze, ce n’était pas si grave que ça. Ce n’était quand même pas le coup de boule de Zidane qui en est presque devenu un héros. Il faudrait d’ailleurs savoir, grâce à quelqu’un qui lit sur les lèvres, ce que Müller a dit et crié à Pepe pour peut-être comprendre toute l’histoire et le geste menaçant, de la tête, du Portugais. Peut-être.
 
J’aurais aimé, aussi, parler à Angela Merkel que j’ai vue dans la tribune applaudir debout le premier but des Allemands. Elle était là, dans un habit rose je crois, en belle lumière, ravie, reine comblée, et ça m’a gêné. J’ai pensé à l’Europe, aux soucis du peuple portugais, et je me suis dit qu’elle aurait pu avoir la pudeur de rester assise, un peu plus discrète, plus fine, moins triomphante, plus européenne. C’est ce que j’aurais aimé lui glisser en vitesse dans l’oreille. Mais j’ai gardé ça pour moi.
 
La veille, il s’était passé un truc assez comique. Benzema allait tirer son penalty quand mon voisin de canapé a posé sa fesse droite sur la télécommande qui traînait là. Mille lettres, signes, consignes, indications sont apparus à la place de l’image, sur tout l’écran. La scène de Benzema prêt à tirer était, elle, devenue minuscule, taille timbre poste en haut à gauche. Là, on a tous pu dire en direct ce qu’on pensait – en riant bien sûr – à l’auteur du méfait.
 
Philippe Dubath / 24 heures
 

Le joueur à suivre: Guillermo Ochoa (Mexique), le paradoxal showman

memo.jpgIl a permis au Mexique de conserver son avantage, vendredi dernier face au Cameroun, lors de son premier match de la Coupe du monde (1-0). Certes peu sollicité par ses adversaires africains, Guillermo Ochoa (28 ans) s’est fait l’auteur d’un plongeon dont il a le secret pour détourner le coup de tête de Benjamin Moukandjo, en fin de rencontre, et ainsi garder sa cage inviolée.

Mardi soir, l’ancien gardien de l’AC Ajaccio – son départ a été annoncé le mois dernier après la relégation du club corse en Ligue 2 – aura très certainement davantage de travail. Face à Neymar et ses potes brésiliens, la prestation d’Ochoa aura d’ailleurs un poids prépondérant dans la quête de points des Mexicains. «Je suis content que ce troisième Mondial soit le bon pour moi, raconte celui qui était No 3 en 2006, puis No 2 en 2010. Si je suis stressé avant d’affronter la Seleção? Pas du tout. Je suis serein.»
 
Les gros matches, comme celui qui l’attend aujourd’hui, «Memo» Ochoa les adore. Le PSG en avait fait l’amère expérience le 18 août 2013, en championnat de France, lorsque le dernier rempart n’avait capitulé qu’à la 86e minute de jeu devant l’Uruguayen Edinson Cavani (1-1), après plus de 30 tirs parisiens et diverses parades impressionnantes.
 
Le hic, c’est qu’Ochoa n’est pas uniquement capable du meilleur, lui qui est également un spécialiste des sautes de concentration. «Il peut faire une action exceptionnelle puis, la seconde d’après, commettre une grosse bourde», confirme Guillaume Warmuz, ancien gardien, entre autres, du RC Lens, dans les colonnes de So Foot. Contrôlé positif au clenbuterol en 2011, puis blanchi par sa fédération en raison d’une «contamination par la nourriture», le fantasque portier mexicain est un homme de paradoxes; à la fois spectaculaire sur sa ligne et limité sur les ballons aériens. Showman, irrégulier, Ochoa devra surtout afficher sa meilleure facette contre le Brésil.
  
Jérôme Reynard / 24 heures