04/07/2014

Sur un air de samba: De la bossa à Shakira

221730_XLC116_6fa4b2b6.jpg

 Au Brésil, il n’y a pas que le Mondial. La musique y a également sa place. AP

Loin des plages d’Ipanema et de Copacabana, dans le cœur historique de Rio, les tours modernes côtoient les bâtiments de l’époque coloniale, les grandes avenues succèdent aux rues plus étroites dans un joyeux désordre architectural. Et un peu partout, dans les bars, aux terrasses, sur des scènes improvisées ou non, la musique. Toutes sortes de musiques, tant le Brésil est riche dans sa diversité.
 
Hier soir, dans le quartier bohème de Lapa, en plein carrefour, au milieu des passants et d’un trafic pourtant bruyant, trois musiciens rock se sont posés. Drôle d’endroit, à vrai dire, mais très vite un petit public s’est constitué. Plus loin, dans une boîte reconnue, Georgiana de Moraes chante ces jours à la mémoire de son père, Vinicius. Créateur – avec d’autres artistes comme Antonio Carlos Jobim ou João Gilberto – de la bossa nova dans les années 1950, Vinicius de Moraes aurait eu 100 ans voilà quelques mois.
 
Samba, bossa, choro, tropicalisme, et tant d’autres courants musicaux. Quant à savoir où placer Shakira dans le tumulte de cette Coupe du monde… Toujours est-il que la FIFA vient d’annoncer que la chanteuse colombienne se produirait au Maracanã avant la finale du dimanche 13 juillet. Après l’Afrique du Sud en 2010, avec son «Waka waka», elle revient donc avec «La la la». Pour la qualité des textes, Tom Jobim peut bien se retourner dans sa tombe.
 
Shakira sera là avec Carlinhos Brown ou encore le guitariste Carlos Santana. Pas mal tout de même! Quant à Ivete Sangalo, elle proposera un medley de quelques standards de la musique brésilienne. Reste à savoir quelles équipes seront présentes sur la pelouse pour la grande explication. Et si les «auriverde» n’y étaient pas!
 
François Ruffieux / 24 heures

02/07/2014

Sur un air de samba: Le chaud et le froid, une notion toute relative

C’est l’hiver au Brésil, même si la notion est toute relative pour un Européen. Dans ce climat tropical, sur les 8'500'000 km2 couverts par quatre fuseaux horaires, les écarts de température peuvent être importants. Grosso modo entre 18 et 30 degrés, parfois avec un taux d’humidité très élevé, comme à Manaus, au milieu de la forêt amazonienne, où Anglais et Italiens ont sué. Il fait donc plutôt chaud et lourd sur les stades de la Coupe du monde.

 
A Salvador de Bahia, chaque journée connaît son moment de pluie. Cela ne dure pas très longtemps, mais c’est intense. Mieux vaut alors ne pas être à découvert lorsque le ciel ouvre ses vannes. Mais si vous trouvez refuge dans un centre de presse par exemple, situé dans les entrailles du stade, comme dans un bunker sans fenêtres, vous risquez le coup de froid instantané avec une climatisation poussée au maximum. Allez comprendre pourquoi.
 
Entre le chaud et le froid, on balance donc constamment. Une admiratrice brésilienne de Cristiano Ronaldo a vécu les mêmes «tourments» voilà quelques jours, lors d’un entraînement public de la sélection portugaise. Naiara Castro Santos a d’abord déchiré son jeans en voulant sauter les grillages du stade pour aller à la rencontre de son idole. Elle a ensuite résisté au service d’ordre. Puis, intrigué par le tatouage que la jeune femme portait sur son bras, Cristiano Ronaldo en personne lui a proposé de venir s’asseoir sur le banc portugais.
 
La température est montée tout naturellement pour la jeune femme. Arrivée en larmes, elle a pu repartir avec un maillot dédicacé et des souvenirs inoubliables. Après, qu’il pleuve ou qu’il fasse beau n’avait plus grande importance. Pour elle, ce Mondial est d’ores et déjà une réussite.

François Ruffieux / 24 heures

Sur un air de samba: Brasília ne reverra pas la Suisse

 

L’équipe de Suisse ne reviendra pas à Brasília. C’est sans doute dommage, car elle y avait réussi un petit miracle lors de son premier match dans le tournoi, en retournant la situation in extremis face à l’Equateur. Elle ne retrouvera pas ce stade extraordinaire, dans cette capitale qui elle aussi sort de l’ordinaire.
 
Véritable musée ouvert, Brasília est née à la fin des années 50, à l’initiative du futur président, Juscelino Kubitschek. Construite en 1000 jours par quelque 60'000 ouvriers, située à 1000 m d’altitude en plein «cerrado» (la savane brésilienne), la ville est le fruit des idées de l’architecte Oscar Niemeyer et de l’urbaniste Lucio Costa, inspirés de Le Corbusier pour son organisation.
 
Dans cet environnement, le stade de football – situé non loin de la fameuse Catedral Metropolitana, du palais présidentiel ou encore de la plupart des bâtiments caractéristiques – a pris sa place assez naturellement. «En effet, il s’agit pour nous d’un élément architectural de plus, note Nelson Sousa, attaché de presse de Brasília. Et surtout, nous avons gagné un espace qui nous permet d’organiser de méga-événements, comme des concerts.»
 
Le «Mané-Garrincha» est l’enceinte la plus originale, dans sa forme circulaire et avec ses 288 colonnes qui lui donnent un air de Colisée, la plus verte aussi, avec ses panneaux photovoltaïques sur le toit et ses systèmes de récupération d’eau. «Brasília méritait d’avoir une telle structure», assure Nelson Sousa. Avec 450 millions d’euros, elle est également la plus onéreuse des douze construites pour la Coupe du monde. Dans la capitale, on assure que ce stade ne deviendra pas un éléphant blanc une fois le Mondial évanoui. On a tout de même un peu de peine à imaginer comment il sera possible de faire tourner un tel monstre, qui plus est dans une ville qui ne possède pas d’équipe de football de premier plan.
 
François Ruffieux / 24heures