13/06/2014

Le joueur à suivre: Diego Costa, le «traître» qui a opté pour l’Espagne

 

 
cdm2014, brazil2014Le 25 mars 2013, Diego Costa foulait la pelouse de Stamford Bridge, à Londres, sous le maillot brésilien. Dans le cadre d’une rencontre amicale face à la Russie, l’attaquant de l’Atlético Madrid (25 ans) obtenait sa deuxième sélection en quatre jours avec la Seleção.
 
Moins de quinze mois plus tard, le voilà qui s’apprête à disputer la Coupe du monde avec la tunique de la Roja sur ses épaules, éventuellement dès ce soir face aux Pays-Bas.
 
Natif de Lagarto au Brésil, Diego Costa a reçu la nationalité espagnole en juillet dernier, après sept saisons passées dans la nation ibérique. Avant de signer, fin octobre devant un notaire, son renoncement à jouer pour les Auriverde. Le buteur de l’Atlético a donc retourné sa veste à huit petits mois d’un Mondial disputé dans son pays d’origine; une nation qui rêve d’un sixième sacre planétaire à domicile. «Il préfère évoluer avec l’Espagne la même année où il a effectué deux matches amicaux avec nous. Il a tourné le dos à un rêve partagé par des millions de personnes. C’est un traître», a réagi le sélectionneur brésilien, Luiz Felipe Scolari, cité par Reuters.
 
Les probables retrouvailles avec la Seleção, plus tard durant le tournoi, promettent d’être chaudes. A condition que l’entraîneur de la Roja, Vicente Del Bosque, décide d’aligner le récent champion d’Espagne et finaliste de la Ligue des champions (27 buts en championnat, 8 en Coupe d’Europe lors de la saison écoulée), en concurrence avec Fernando Torres (et Cesc Fabregas) en pointe.

Jérôme Reynard/24heures

12/06/2014

Sur un air de samba: le Brésil et le tant redouté 24e sélectionné

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Dans le langage du football, le 12e homme représente le public, lorsque celui-ci manifeste un soutien tel qu’il donne des forces supplémentaires à son équipe. C’est une image qui correspond parfois à une ferveur admirable.

Avec 32 équipes (23 sélectionnés par pays) présentes au Mondial, 736 joueurs sont théoriquement concernés par le tournoi qui débute. En vérité, une bonne centaine d’entre eux ne seront pas du tout alignés. Pas même une minute. Et ça, ce n’est pas une image mais une réalité du terrain.


En fait, tout ce qui s’en vient, ces prochaines semaines, va constamment balancer entre le concret et l’image, ce qui se mesure très précisément et ce qui échappe aux statistiques. Pour ce qui est des images, la FIFA les verrait plutôt comme des clichés, ceux d’un football joyeux dans un pays de samba. Tout le monde ainsi serait heureux. Mais la vérité des Brésiliens, en 2014, risque d’être moins agréable à découvrir. Et c’est peut-être bien le 24e homme, celui de la rue – que les dirigeants de la fédération mondiale redoutent et méprisent – qui va tenir la vedette.


Lorsque les infrastructures imposées paraissent démesurées, lorsqu’une manifestation sportive coûte aussi cher alors que d’autres priorités sautent aux yeux, qu’elle nécessite de surcroît un déploiement militaire et policier d’une telle ampleur, le malaise n’est plus très loin. En Afrique du Sud (2010), on l’avait déjà ressenti avec une acuité particulière. Ici c’est plus grave encore. C’est une épreuve sportive qui commence. Reste à savoir si les enceintes des stades suffiront à la contenir.


Par François Ruffieux / 24 heures

Lucien Favre: «Tout bouge en permanence»

«Voilà, Une070114.jpgle Mondial 2014 va commencer. Et une Coupe du monde au Brésil, c’est quelque chose de particulier, forcément. Je dis cela pour tout ce que ce pays représente dans l’imaginaire des gens qui aiment le football.


Une des questions premières pourrait être: qu’allons-nous découvrir durant ce Mondial? A quoi s’attendre? En fait, il vaut mieux regarder ce tournoi avec une autre question: existe-t-il un grand favori qui écraserait déjà tous les autres de par une supériorité annoncée et évidente?


La réponse est non! Bien sûr, vous pourrez me dire qu’il y a le Brésil, l’Argentine, ou l’Espagne, voire d’autres. Mais aucun ne s’impose comme celui qui rassemblerait toutes les faveurs de la cote. Il n’y a plus une toute grande équipe désignée comme la favorite indiscutable du tournoi. Est-ce une mauvaise nouvelle? Je ne pense pas, au contraire. Ce n’est en aucun cas un nivellement par le bas, les groupes étant appelés à être serrés, même avec 32 sélections. Je dirais même que cette incertitude est une bonne nouvelle pour la compétition.


Autre question: une tactique nouvelle va-t-elle apparaître durant ce Mondial? Non! Je vais être clair: depuis 1954 déjà, tous les schémas ont été joués. Le 4-2-3-1 d’aujourd’hui qui est à la mode? Le grand Brésil de 1970 appliquait plus ou moins ce système. Ce qui change, en revanche, c’est l’adaptation, la flexibilité. Un 4-3-3 d’aujourd’hui est un système en mouvement et il n’est pas le même offensivement ou défensivement. Tout bouge en permanence désormais. Et c’est nécessaire: une tactique figée serait trop facilement maîtrisable par l’adversaire.


Bref, voilà. Place au football et à ce Mondial au Brésil, maintenant. J’aurais l’occasion d’en reparler avec vous. A bientôt.»